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mercredi 5 août 2009

Les USA peuvent-ils changer ?


Que retirer de 3 semaines passées aux USA en juillet. Depuis mon dernier séjour, que d'événements, Obama a heureusement succédé à Bush, une crise de très grande envergure a éclaté et de plus en plus d'américains ont pris conscience des conséquences de leur mode de vie sur l'état de la planète.
Alors est-ce que les Etats-Unis changent ? Eh bien, pas tant que ça, on a plutôt l'impression qu'ils sont dans une impasse et que ça ne va pas être facile de revenir à plus de sobriété et de solidarité.
POURQUOI TOUJOURS DE SI GROSSES VOITURES
Dans les sondages, une majorité affirme être sensible à la consommation de leur véhicule, mais, en réalité, ils continuent d'acheter de gros pickups dévoreurs d'énergie (des gas guzzlers).
Le changement majeur est que la proportion de véhicules américains est en chute libre, on croise surtout des japonaises et des coréennes. Partout, on rencontre des véhicules hybrides, pas seulement des Prius et pas seulement en Californie.
On voit toujours aussi peu de piétons dans les rues, l'américain se déplace toujours en voiture et pratiquement toujours seul. Pour le constater, il suffit de regarder le peu de véhicules qui circulent sur les freeways dans la voie carpool (réservée aux voitures avec au moins 2 personnes).
Bref, l'organisation (ou plutôt l'inorganisation) des villes américaines impose toujours de se déplacer tout seul dans de gros pickups et on voit mal comment cela pourrait changer.
Il ne faut pas oublier que l'essence (le diesel ne sert qu'aux trucks) est près de trois fois moins chère qu'en France (environ 2,50 $ le gallon, soit 45 centimes d'euro le litre). Quand on évoque une essence à 6 ou 10 $ le gallon, l'américain déclare qu'il serait financièrement asphyxié, il n'arrive pas à imaginer comment il pourrait s'adapter à cette situation.
POURQUOI UNE SI GRANDE MAISON
Avec la crise, beaucoup de maisons sont en vente, c'est l'occasion de lire les petites annonces et regarder à quoi ressemble une maison américaine. ce qui surprend le plus, c'est le nombre de bathroom et de garage. La norme semble être une salle de bain par chambre (voire plus de ba que de bd) et un triple ou quadruple garage. Voilà comment on gaspille l'espace, voilà pourquoi on emprunte trop pour son logement, pourquoi on possède 3 ou 4 véhicules et pourquoi un étatsunien consomme quatre fois plus d'eau potable qu'un français.
POURQUOI TANT MANGER
Quand il ne conduit pas, l'américain moyen mange, souvent et beaucoup trop. On ne reprochera pas le copieux breakfast pour commencer la journée, on se demandera surtout pourquoi après un bon petit-déj complet, il est encore nécessaire de manger tout au long de la journée et même la nuit (ici les fast foods sont ouverts 7/7 et 24/24). Les plats sont toujours trop copieux, en général un plat conviendrait parfaitement pour deux. C'est pareil pour les boissons, la ration normale de coke fait 16 oz soit 1/2 litre.
Après la quantité, il y a le problème de la qualité, dans la rue, dans les parcs à thèmes, à la plage, l'américain dévore ice-creams, burgers et frites.
Bref, les USA restent le pays des grosses bagnoles, des grosses baraques et de la mal bouffe et on n'a pas l'impression que cela va changer rapidement.
UNE MINORITE SE PORTE BIEN
Il faut cependant nuancer ce tableau. Plus le niveau d'éducation est élevé et plus le mode de vie semble se rapprocher de la norme européenne (plus exactement des pays de la zone euro).
L'américain éduqué (qui n'est pas un américain pauvre) n'habite pas au milieu de nulle part, mais plutôt en ville, il n'a donc pas besoin d'un pickup V8, ni de 4 voitures, il a même parfois acheté une Prius.
En ville, il a une maison plus petite. Il achète surtout des produits organic et prend ses légumes au farmer market. Il passe ses courtes vacances à l'étranger ou dans des parcs nationaux (surtout le Yellowstone ou le Yosemite) où il a réservé un an à l'avance.
Il n'est pas touché par l'obésité, il a une bonne couverture santé.
La conclusion est facile, ceux qui vivent bien aux USA sont plutôt éduqués, riches, minces et bien portants.
Ils sont minoritaires et le problème est que ce pays ne semble toujours pas chercher à ce que cette minorité devienne une majorité.

mercredi 24 juin 2009

Faut-il augmenter les tarifs municipaux en période de désinflation ?


Comme chaque année, la ville de Vannes fixe les nouveaux tarifs des services municipaux.
Pour 2009, une augmentation de l’ordre de 1,5% est appliquée. Elle touche, par exemple, les prix de la restauration scolaire, des garderies, des maisons de quartier, des musées, des activités culturelles…
Lors du conseil municipal du 29 mai dernier, les élus du groupe VPC (Vannes Projet Citoyens) sont intervenus pour contester une augmentation uniforme des tarifs et ont proposé de ne pas augmenter les tarifs pour les quotients familiaux les plus faible (catégories E, F, G, H), en rappelant que l’indice des prix à la consommation (IPC) entre avril 2008 et avril 2009 avait augmenté de seulement 0,1%.
Le maire a immédiatement répliqué qu’on n’avait pas bien compris les données économiques et que 0,1% était une évolution mensuelle de l’indice et non une évolution sur 12 mois.
J’ai signifié que nos chiffres étaient exacts et que, depuis avril dernier, la tendance s’est encore amplifiée. Désormais, en rythme annuel, fin mai, l’évolution de l’IPC, qui mesure l’inflation, est de -0,3%.
La France connaît actuellement une période de désinflation et se poser la question de ne pas augmenter les tarifs municipaux en 2009 semble tout a fait légitime.
C’est d’ailleurs la décision de la ville d’Angers pour 2009.
Ces derniers jours, nous avons examiné la proposition d’augmentation des tarifs des piscines formulée par la majorité qui propose encore une augmentation de 1,5%.
J’ai redit la position de VPC et rappelé les chiffres de l’inflation et la tendance désinflationniste qui se maintient.
Cette fois-ci, la majorité m’a rétorqué que je confondais l’inflation et la croissance et que les chiffres que j’avançais étaient ceux de la croissance qui était négative, mais que l’inflation était positive.
C’est vraiment dommage, pour une majorité qui met toujours en avant sa compétence en matière économique et ses performances de gestion d’être si fâchée avec la réalité économique.
Nous savons pertinemment que l’inflation relève de l’évolution des prix à la consommation et que la croissance est liée à l’augmentation du produit intérieur brut (PIB)… et nous savons faire la différence entre la notion de mois et d’année !
Rappelons les chiffres :
- sur un an, de mai à mai, l’IPC a reculé de 0,3%,
- les prix de l’alimentation (hors produits frais ) et de l’habillement sont stables,
- l’inflation en 2009 serait de 0,4%,
- la prévision de croissance en France faite par l’OCDE pour 2009 est de -0,4%.
En résumé, nous avons en France cette année un phénomène de désinflation et de récession. La question de geler les tarifs municipaux en 2009, au moins pour les coefficients familiaux les plus faibles, se pose donc avec acuité. Nous aimerions qu’elle soit accueillie sereinement et examinée sérieusement par la majorité. En réponse, on n’attend pas un cours d’économie (surtout quand les réponses sont erronées), mais plutôt des décisions en accord avec la crise économique et sociale que nous traversons.
À décharge pour la majorité, il faut remonter à 1957 pour trouver en rythme annuel une inflation négative. On peut comprendre que par habitude, les mêmes gardent les mêmes discours et les mêmes habitudes et ne puissent envisager qu’une augmentation des tarifs municipaux.
Ce qui reste inadmissible, c’est de se voir expliquer qu’on ne comprend pas bien les données économiques, et que l’on confond taux mensuel et annuel, taux de croissance et taux d’inflation.
On est en droit d’attendre un peu moins morgue de la part de ceux qui, à Vannes, ont toujours soutenu sans réserve le libéralisme économique. Chacun peut juger aujourd’hui la valeur de leur expertise.

mardi 21 octobre 2008

300 000 000 000 000, c'est le montant de la bulle financière

Ces dernières années, les médias n'ont pas arrêté de nous parler de la flambée des prix de l'immobilier, des salaires des grands patrons qui atteignaient des sommets indécents et des entreprises dont les résultats étaient à deux chiffres.
Ne vous êtes-vous jamais demandé si tout cela avait un sens et comment tout cela allait finir ?
Croire que toutes ces "bonnes nouvelles" peuvent indéfiniment continuer car elles ne sont que le fruit de la loi du marché, c'est croire au miracle.
En quelques années, le prix des logements a doublé, le capital a rapporté de plus en plus et les salaires, relativement, de moins en moins, sauf ceux des patrons qui ont cumulé rémunération exorbitante, golden hello et parachute doré.
Entreprises, particuliers, collectivités, états se sont endettés au delà de raison. Beaucoup de banques ont développé leurs activités hors-bilan bien cachés dans des paradis fiscaux et n'ont plus respecté les règles prudentielles.
Tout cela ne pouvait que mal finir.
Que pensent désormais tous les experts qui conseillaient les décideurs et nous expliquaient dans les médias la beauté du libéralisme mondialisé ?
Pensent-ils toujours que la main invisible du marché doit guider le monde ?
La crise actuelle a certainement ruiné de nombreux propriétaires états-uniens, espagnols ou britaniques, mais beaucoup d'autres se sont enrichis (grands patrons, traders, spéculateurs...).
Pourquoi ne pas appliquer la devise "pollueur-payeur", ceux qui ont pollué la finance mondiale en introduisant des produits d'une complexité sans nom, des produits immoraux (les fameux subprimes) et d'un montant stratosphérique (voire les 60 000 milliards de dollars de CDS), sont les pollueurs du système financier qui devraient être les payeurs de la crise.
Bien sûr, il n'en sera rien, les payeurs ce sera tous les citoyens.
En France, les plus irresponsables resteront même à l'abri sous leur bouclier fiscal.
Nos génies de la finance ont réussi à faire gonfler la baudruche financière à 300 000 milliards de dollars (comme vous, je n'ai aucune notion de ce que représente ce chiffre), pas étonnant à ce qu'elle éclate. C'est encore l'histoire de la grenouille qui veut devenir plus grosse que le boeuf. C'est ça l'économie virtuelle car, en réalité, le PIB mondial n'est que de 50 000 milliards de dollars. Le problème tient en un chiffre, c'est un trou de 250 000 milliards de dollars.
Quand on pense que le citoyen ordinaire doit respecter de plus en plus de règles et qu'il est vite rappeler à l'ordre quand son compte est à découvert, on se demande comment les institutions financières ont pu se soustraire à toutes les règles et générer un tel trou dans la finance mondiale.
Que valent les 3 milliards pour Dexia ou les 10 nouveaux milliards pour 4 banques françaises (SG, BNP, CA, CM) face à ces centaines de milliers de milliards.

Arrêtons de croire aux pseudo-théories économiques libérales qui ne sont que sornettes.
Espérons que cette crise soit salutaire et que la finance ne mène plus seule le monde, si on avait écouté davantage les philosophes, les scientifiques, les historiens et les écologistes, le monde se porterait mieux.