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vendredi 30 avril 2010

Après Katrina, la Louisiane connait une nouvelle catastrophe majeure

J'étais en Louisiane, près de la côte, le 20 avril quand la plateforme pétrolière a explosé. Comme elle était à 70 km au large, je n'ai bien sûr rien vu, mais je mesure la catastrophe à venir.
Décidément, quand on parle de la Louisiane, en France, c'est surtout pour évoquer une catastrophe.
Je me demande ce qu'évoque encore en France, ce bel état, ainsi nommé en l'honneur de Louis XIV, vendu par Napoléon le 3 mai 1803 (il y a pile 207 ans) aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars.
L'histoire nous a rapproché, celle de l'Acadie ne peut nous laisser indifférent et nous devons être concernés par tous les fléaux qui frappent cette terre lointaine, proche de nous par l'histoire et la culture.

En 2005, c'est l'ouragan Katrina, mais plus exactement les inondations qui ont dévasté cette région. C'était une catastrophe naturelle, mais l'effet dévastateur provenait, avant tout, de l'inconséquence de l'homme qui avait construit n'importe où (en particulier dans les terres plus basses que le Mississippi à la Nouvelle Orléans, ce que n'avait pas fait les français et les espagnols au XVIIIe siècle).

En 2010, la nature n'y est pour rien, c'est une explosion sur une plateforme pétrolière off-shore qui provoque une marée noire monumentale (plus importante que celle de l'Exxon Valdès de 1989 en Alaska). On évoque 800 000 litres de pétrole qui s'échappent chaque jour et qu'il faudra peut-être 3 mois pour stopper la fuite ! Aujourd'hui, l'état de catastrophe nationale vient d'être déclaré.
Déjà, en 2005, Katrina avait sérieusement endommagé les plateformes pétrolières et les raffineries.

Ce qu'il faut savoir, c'est que la Louisiane, c'est le wetland, une immense zone humide, c'est à dire un vaste delta, un pays de marais, de lacs et de bayous, un réseau hydrologique d'une grande complexité. C'est une zone très riche pour la faune (écrevisse, alligator, tortue, raton laveur...), un véritable sanctuaire pour de nombreux oiseaux (aigrette, héron, spatule, patapon...) et une mangrove magnifique où règne le cyprès chauve.

Il n'y a aucune plage en Louisiane sur la côte, le risque n'est pas de salir son maillot de bain sur des plages souillées. Le risque, c'est d'assister à une catastrophe écologique majeure qui va toucher une faune et une flore remarquable.
Je laisse aux journaux le soin d'analyser la situation, je préfère déposer sur ce blog des photos prises il y a quelques jours, qui montrent la beauté et la richesse de ce pays exceptionnel.

Raffineries au bord du Mississippi

Aigrette blanche - envol sur le bayou

Mangrove au Lake Martin

Cyprès

Aigrettes blanches, spatules rosées, hérons bleus

mercredi 5 août 2009

Les USA peuvent-ils changer ?


Que retirer de 3 semaines passées aux USA en juillet. Depuis mon dernier séjour, que d'événements, Obama a heureusement succédé à Bush, une crise de très grande envergure a éclaté et de plus en plus d'américains ont pris conscience des conséquences de leur mode de vie sur l'état de la planète.
Alors est-ce que les Etats-Unis changent ? Eh bien, pas tant que ça, on a plutôt l'impression qu'ils sont dans une impasse et que ça ne va pas être facile de revenir à plus de sobriété et de solidarité.
POURQUOI TOUJOURS DE SI GROSSES VOITURES
Dans les sondages, une majorité affirme être sensible à la consommation de leur véhicule, mais, en réalité, ils continuent d'acheter de gros pickups dévoreurs d'énergie (des gas guzzlers).
Le changement majeur est que la proportion de véhicules américains est en chute libre, on croise surtout des japonaises et des coréennes. Partout, on rencontre des véhicules hybrides, pas seulement des Prius et pas seulement en Californie.
On voit toujours aussi peu de piétons dans les rues, l'américain se déplace toujours en voiture et pratiquement toujours seul. Pour le constater, il suffit de regarder le peu de véhicules qui circulent sur les freeways dans la voie carpool (réservée aux voitures avec au moins 2 personnes).
Bref, l'organisation (ou plutôt l'inorganisation) des villes américaines impose toujours de se déplacer tout seul dans de gros pickups et on voit mal comment cela pourrait changer.
Il ne faut pas oublier que l'essence (le diesel ne sert qu'aux trucks) est près de trois fois moins chère qu'en France (environ 2,50 $ le gallon, soit 45 centimes d'euro le litre). Quand on évoque une essence à 6 ou 10 $ le gallon, l'américain déclare qu'il serait financièrement asphyxié, il n'arrive pas à imaginer comment il pourrait s'adapter à cette situation.
POURQUOI UNE SI GRANDE MAISON
Avec la crise, beaucoup de maisons sont en vente, c'est l'occasion de lire les petites annonces et regarder à quoi ressemble une maison américaine. ce qui surprend le plus, c'est le nombre de bathroom et de garage. La norme semble être une salle de bain par chambre (voire plus de ba que de bd) et un triple ou quadruple garage. Voilà comment on gaspille l'espace, voilà pourquoi on emprunte trop pour son logement, pourquoi on possède 3 ou 4 véhicules et pourquoi un étatsunien consomme quatre fois plus d'eau potable qu'un français.
POURQUOI TANT MANGER
Quand il ne conduit pas, l'américain moyen mange, souvent et beaucoup trop. On ne reprochera pas le copieux breakfast pour commencer la journée, on se demandera surtout pourquoi après un bon petit-déj complet, il est encore nécessaire de manger tout au long de la journée et même la nuit (ici les fast foods sont ouverts 7/7 et 24/24). Les plats sont toujours trop copieux, en général un plat conviendrait parfaitement pour deux. C'est pareil pour les boissons, la ration normale de coke fait 16 oz soit 1/2 litre.
Après la quantité, il y a le problème de la qualité, dans la rue, dans les parcs à thèmes, à la plage, l'américain dévore ice-creams, burgers et frites.
Bref, les USA restent le pays des grosses bagnoles, des grosses baraques et de la mal bouffe et on n'a pas l'impression que cela va changer rapidement.
UNE MINORITE SE PORTE BIEN
Il faut cependant nuancer ce tableau. Plus le niveau d'éducation est élevé et plus le mode de vie semble se rapprocher de la norme européenne (plus exactement des pays de la zone euro).
L'américain éduqué (qui n'est pas un américain pauvre) n'habite pas au milieu de nulle part, mais plutôt en ville, il n'a donc pas besoin d'un pickup V8, ni de 4 voitures, il a même parfois acheté une Prius.
En ville, il a une maison plus petite. Il achète surtout des produits organic et prend ses légumes au farmer market. Il passe ses courtes vacances à l'étranger ou dans des parcs nationaux (surtout le Yellowstone ou le Yosemite) où il a réservé un an à l'avance.
Il n'est pas touché par l'obésité, il a une bonne couverture santé.
La conclusion est facile, ceux qui vivent bien aux USA sont plutôt éduqués, riches, minces et bien portants.
Ils sont minoritaires et le problème est que ce pays ne semble toujours pas chercher à ce que cette minorité devienne une majorité.