Affichage des articles dont le libellé est réforme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réforme. Afficher tous les articles

mardi 7 septembre 2010

Vannes s'est mobilisée, cette fois-ci, contre le projet de réforme des retraites



Vannes à la réputation d'être une ville moyenne bien bourgeoise et bien calme.
C'est ce qu'on peut lire, par exemple, sur le site www.linternaute.com (http://www.linternaute.com/ville/ville/temoignage/736/vannes/).

En ce jour de mobililisation contre le projet sur les retraites , Vannes s'est réveillée.
Peut-être 15 000 personnes dans la rue, un défilé qui s'étend sur plusieurs kilomètres.

Que Vannes se soit autant mobilisée est significatif du rejet massif de cette réforme qu'on ne sait plus s'il faut l'appeler la réforme Sarkozy ou la réforme Fillon... car plus personne ne parle de la réforme Woerth.
Quelques photos pour montrer que les drapeaux de la contestation flottait dans la ville.

mardi 1 juin 2010

Comble de la politique de l'oxymore

La politique de l'oxymore, c'est quand la com décide du nom des projets politiques et des lois. C'est quand le nom retenu pour un texte législatif évoque l'inverse de l'esprit de la loi.
Le dernier exemple de cette politique, c'est le projet de création du DEFENSEUR DES DROITS qui vise exactement le contraire, c'est à dire de restreindre nos droits, en particulier celui des plus faibles, des victimes des dérives policières ou des discriminations, ou encore des enfants.
Ça commence demain, le Sénat va examiner les 2 et 3 juin le projet de loi organique relatif au Défenseur des droits. Alors qu’il devait renforcer la protection des droits et libertés des citoyens, le texte marque un recul dangereux du dispositif français.
La disparition forcée de la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) , de la Défenseure des enfants et de la Halde serait un très mauvais coup porté aux causes que défendent ces instances spécialisées, manifestement dérangeantes.
J'avais déjà évoqué la suppression du Défenseur des enfants dans ce billet en novembre 2009.
En créant une seule institution pour remplacer différentes institutions indépendantes et compétentes, qui disposera de moins de moyens, le pouvoir orchestre une atteinte très grave à nos libertés et à notre égalité devant la loi.
Faisons savoir que nous n'acceptons pas cette nouvelle régression.

jeudi 19 novembre 2009

Touchez pas à la défense des droits de l'enfant


Aujourd'hui, 20 novembre, on fête, comme chaque année, les droits des enfants.
En 2009, en plus, on célèbre le 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) qui a été adoptée par l'ONU le 20 novembre 1989.
Tous les pays du monde (193) ont ratifié cette convention, à l’exception de la Somalie (car le gouvernement n'est pas reconnu par l'ONU) et des Etats-Unis (où les mineurs sont toujours passibles de la peine de mort).
En France, c'est l'autorité administrative indépendante appelée défenseur des enfants qui veille au respect de cette convention. Depuis 1990, de nombreuses lois ont été promulguées pour adapter le droit français à certaines dispositions de la CIDE.
On pouvait espérer qu'un nouvel élan serait donné à cette autorité pour le 20e anniversaire de la CIDE.
C'est tout le contraire qui se produit, la France a décidé de faire marche arrière en supprimant tout simplement cette autorité et en la fusionnant dans une nouvelle autorité beaucoup plus large appelée défenseur des droits.
Ce choix, critiqué unanimement, illustre comment aujourd'hui, on cherche à affaiblir, en France, les garde-fous institutionnels, les contre-pouvoirs ; comment on traque tout ce qui détient encore une parcelle d'indépendance.
La meilleure critique de cette dérive est celle de la défenseure des enfants en titre, Dominique Versini comme je l'avais indiqué dans un billet précédent.
On pourrait penser que la suppression du défenseur des enfants est motivée par le fait qu'aujourd'hui cette institution n'est pus nécessaire ou encore qu'elle a fait preuve de gabegie ou de légèreté dans le passé.
Eh bien non, personne ne l'a jamais critiquée et elle n'a jamais traité autant de dossiers que maintenant.
Les chiffres sont éloquents, en France en 2009, on estime qu'il y a 100 000 enfants maltraités, 150 000 enfants qui sortent du système scolaire sans rien, 5 000 enfants étrangers qui vivent dans les rues, 1 seul médecin en milieu scolaire pour 10 000 élèves, 2 000 000 d'enfants qui vivent dans un foyer sous le seuil de pauvreté (environ 800€ par mois pour un foyer mono-parental)...
Dans ce contexte, on comprend bien que la défenseure des enfants reçoit de plus en plus de demandes, en hausse annuelle de 10%, environ 2 000 dossiers par an. La plupart sont liés à un divorce (45% des mariages se terminent par un divorce), ça représente 38% du total des dossiers. Ensuite, 20% concernent des grands enfants âgés de 16 à 18 ans, 15% des mineurs étrangers, 8% des problèmes scolaires (en particulier des problèmes d'intégration des enfants handicapés à l'école) et 5% des cas de maltraitance.
Personne, de bonne foi, ne peut remettre en question cette autorité indépendante, ni penser que ses missions seront mieux assurées par le nouveau défenseur des droits proposé par la commission Balladur et repris dans le projet de loi organique présenté en conseil des ministres du 9 septembre 2009.

La réforme du mille-feuilles admistratif ne doit pas passer par la suppression du défenseur des enfants.
NE TOUCHEZ PAS A LA DEFENSE DES DROITS DE L'ENFANT.

20 ans, c'était l'occasion de faire une belle fête pour les droits de l'enfant.
On a bien fêté les 20 ans de la chute du mur de Berlin.
Mesdames, messieurs les membres de la commission Balladur, Mesdames, messieurs les ministres, vous avez gâché la fête.

mardi 31 mars 2009

Et si le débat sur la LRU arrivait sur le bitume en mai ?

Je relisais le premier billet que j'avais écrit sur ce blog en novembre 2007. Il était consacré à la LRU (loi Libertés et Responsabilités des Universités), la loi qui réforme l'université.
Cette loi a été votée en catimini en août 2007, moins de trois mois après l'élection de Sarkozy à la présidentielle.
Sarkozy savait qu'une réforme de l'université était difficile à faire passer, il se souvenait des déboires du projet de loi Devaquet en
1986 et voulait profiter de l'état de grâce pour faire voter cette loi. En plus, c'est bien connu, en août, tout le monde est à la plage et personne ne manifeste.
Pas plus d'opposition à l'automne 2007, ce sont surtout les présidents d'université qui se sont fait entendre pour dire tout le bien qu'ils pensaient de cette loi qui les faisaient rois, plus exactement hyper-présidents d'université .
En 2008, les étudiants se sont bien mobilisés contre la LRU, mais sans relais des personnels de l'université, leurs contestations a fait long feu.
J'ai toujours pensé que loi mal acquise (ou plutôt non concertée) ne dure jamais longtemps.
Deux ans plus tard, il se pourrait bien que la LRU soit mise au banc en mai 2009.

En 2007, j'avais titré mon billet "Non, ce n'est pas loi loi LRU qu'il fallait voter", j'ai toujours le même avis et je ne retirerais rien de ce que j'avais écrit alors.

Que sait-il passé depuis 2 ans ?
Je crois que la majorité des enseignants-chercheurs et étudiants ont enfin compris que derrière les beaux mots de "liberté" et de "responsabilité" se cachait un projet d'inspiration très libérale visant à renforcer la concurrence entre universités, entre collègues, à diminuer les crédits de l'Etat, à augmenter sensiblement les frais d'inscription et à réduire à terme les postes de fonctionnaires.
A mon avis, si la loi LRU a suscité peu de réaction pendant 2 ans, c'est qu'en fait tout le monde était un peu résigné et pensait que cette évolution était "naturelle". Après les banques, France Télécom, EDF, Gaz de France, les sociétés d'autoroute..., c'était au tour de l'université de passer sous la toise de la libre concurrence non faussée.

Et puis, voilà qu'arrive à la mi-2008 la plus grave crise financière depuis plus de 3/4 de siècle... avec son lot de scandales et d'escroqueries.
Du coup, la grande réforme libératrice et responsabilisante qui offre l'autonomie à l'université sous la tutelle de son hyper-président fait réfléchir et commence à être contestée.
Aujourd'hui, la question est : Peut-on arrêter ce mouvement de rejet d'une université LRUrisé quand, chaque jour, on constate les effets pervers des principes mêmes de cette loi dans le monde économique ?

Mettre un terme aux manifestations actuelles aurait été certainement possible si de bonnes paroles avaient été prodiguées au bon moment, si un grand discours avait rappelé la sollicitude du pouvoir envers l'enseignement-supérieur et la recherche. A la place, la communauté n'a perçu qu'un discours présidentiel (22 janvier 2009) plein de mépris et de mensonge.
Je me risque à croire que les retombées de ce discours se paieront en mai, ce ne sera pas "sous les pavés, la plage", mais "sur le bitume, la plainte de l'université".

Sur le fond, y a-t-il lieu de s'alarmer de l'ensemble des réformes engagées (LRU, ANR, statut des enseignants-chercheurs, statut des doctorants, suppression de postes, défléchage des moyens des IUT, masterisation de la formation des enseignants, transformation des organismes de recherche en agence de moyens, démantèlement du CNRS...) ?
Vu le nombre de réformes, le manque de concertation et la précipitation à les faire passer, la réponse peut difficilement être négative.

Pour finir, je ne traiterai que d'une question ou plutôt d'une idéologie, celle de renforcer la concurrence entre établissements d'enseignement supérieur et de distinguer parmi eux les grands et les petits, en donnant beaucoup aux premiers et très peu aux derniers.
Nombreux sont les rapports ou les échos du ministère qui montrent qu'on va dans cette direction (cf. les propositions du cercle des économistes : http://www.educpros.fr/universites/autonomie/detail-article/h/44a2cdfefa/a/crise-du-modele-universitaire-francais-les-solutions-du-cercle-des-economistes.html).

Ce que je distingue du paysage qu'on prépare, c'est la hiérarchie d'établissements suivantes :
1- les grands écoles
2- les petites écoles extérieures à l'université
3- les écoles universitaires (type polytech)
4- les UFR d'université de prestige (en très petit nombre) disposant de laboratoires reconnus et de formations à la recherche
5- les instituts (type IUT)
6- les UFR d'université spécialisée et attractive dans un nombre de champs restreint
7- les autres UFR appartenant à des centres universitaires ou collèges universitaires délivrant des diplômes de premier cycle et éventuellement quelques masters professionnels sur quelques créneaux ciblés

A terme, les moyens affectés, en personnes et en crédits, seraient inversement proportionnels au rang (de 1 à 7) et certainement les coûts d'inscription aussi.
On aura certainement réussi ainsi à faire remonter quelques établissements dans le classement de Shanghai, mais on aura surtout changer le modèle de l'université française, en le rendant encore plus inégalitaire et concurrentiel.

On remarquera que cette politique abandonne définitivement toute logique d'aménagement du territoire. Les grandes écoles et les universités de prestige étant bien évidemment dans les mégapoles et les centres universitaires dans les villes moyennes. Est-ce raisonnable à l'heure des réseaux, de l'enseignement à distance et des projets de recherche coopératifs ?