lundi 8 septembre 2008

Méfiez-vous d'EDVIGE

Il faut se méfier quand on attribue un prénom féminin à une chose.
Depuis 1962, c'est le cas des cyclones par exemple, souvenez-vous de Katrina.
C'est aussi le cas pour certains fichiers comme CRISTINA qui recense des données en matière de terrorisme et EDVIGE qui lui peut vous concerner directement (je présume que vous n'êtes pas terroriste !).
EDVIGE pour "Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale" cible vraiment très large.
Il servira à ficher tous les délinquants à partir de 13 ans et tous ceux susceptibles de "troubler l'ordre publique", ce qui signifie pour ses concepteurs : "les personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".
C'est nouveau de regrouper dans un même fichier les délinquants et les élus, y compris les non-élus, ceux qui ont seulement sollicités un mandat sans même être élu.
C'est d'autant plus curieux que pour être élu ou jouer un "rôle institutionnel significatif", il ne faut justement pas être délinquant.
De plus EDVIGE prévoit de collecter des informations relatives à la vie privée comme la santé ou les orientations sexuelles.
Qui peut accepter tout cela ? Va-t-on devoir changer la devise de la République ?

De toutes parts, de tous les partis (même à l'UMP), on s'indigne contre ce système.
Vous pouvez aller voir ce qu'en dit :
- le syndicat de la magistrature
- la ligue des droits de l'homme
- la CNIL qui a émis des réserves.
Vous en saurez encore plus sur wikipedia.

Maintenant, vous êtes informés... vous n'avez plus qu'un clic à faire pour signer la pétition qui a déjà recueilli plus de 120 000 signatures.

lundi 28 juillet 2008

Home

Notre Terre va mal, on le sait depuis déjà un bon moment. Dès 1968, les experts du Club de Rome, nous avaient alerté.
Al Gore a su nous montrer concrètement les effets du réchauffement climatique dans le film "Une vérité qui dérange" ("An Inconvenient Truth") en 2006.
Voilà que Yann Arthus Bertrand nous prépare un film sur le même thème.
Vous devrez attendre juin 2009 pour voir Home, mais vous pouvez déjà regarder cette superbe vidéo qui présente ce projet à but non lucratif.

samedi 7 juin 2008

Un salon des livres... mais plus de libraire. Y a comme un problème

A quelques jours de la 1re édition du salon du livre de Bretagne à Vannes, le magasin "Paroles et Musique", emblématique de la rue du Méné, va fermer.
Triste coïncidence.
Il conviendrait de changer la présentation de ce salon qualifié de "phare" car comment prétendre à ce titre quand un des deux grands libraires du centre-ville ferme boutique.
"Parles et Musique" était associé à ce salon (http://www.mairie-vannes.fr/culture/eve ... index.html) , fermer ainsi, sans prévenir, c'est faire preuve de beaucoup d'irrespect pour les salariés, les clients, les livres et ce 1er salon.

Aujourd'hui, François Goulard déclare "La première de nos priorités, c'est de faire progresser le livre et la lecture" (http://www.vannes.maville.com/La-belle- ... _actu.html). Dans ce même article, on pose la question de savoir si "Vannes se prendrait-elle pour la croisette littéraire de l'Atlantique ?". Des discours, de belles paroles, de belles affiches pour ce salon du Livre, mais dans la réalité, ce sera moins de livres vendus en centre-ville et moins de lecture.

La municipalité aura certainement beau jeu de dire, comme toujours, que c'est une initiative privée, qu'elle n'y peut rien. Si on arrive à cette situation, c'est aussi parceque le dossier Nouvelle Coutume a pris beaucoup de retard, que le dossier Fnac a traîné des années et que la ville fait bien peu pour le commece en centre ville (aide, animation, piétonisation...) et tant pour favoriser l'installation des magasins et, aujourd'hui surtout, des restaurants dans les zones commerciales de l'Ouest.
A défaut de dévorer les livres achetés à "Paroles et musique", vous pourrez bientôt vous régaler chez Kentucky Fried Chicken (KFC), Pizza del Arte, La Boucherie...

lundi 19 mai 2008

Contre la vidéosurveillance à Vannes

Jusqu'à présent, aucun rapport sérieux n'a prouvé l'intérêt de la vidéo-surveillance publique.
Le responsable de ce sujet à Scotland Yard, Mike Neville, a déclaré que les caméras à Londres sont un "fiasco" total" ("an utter fiasco").
En Grande Bretagne, il y a 1 caméra pour 12 habitants. A Londres, un passant est filmé 300 fois par jour.
Pourtant, ces caméras ne permettent d'identifier que 3% des auteurs de vols sur la voie publique (beaucoup moins si on considère la totalité des vols).
La question est de savoir combien d'affaires vont être résolues à Vannes avec les 27 caméras prévues.
Si vous faites le calcul, considérant qu'à Vannes, vous serez filmé 100 fois moins, vous allez trouver qu'elles ne permettront même pas d'identifier l'auteur d'un vol par an.
Sachant qu'elles ont coûté 1 million d'euros, que leur coût de fonctionnement sera élevé, que cet argent ainsi dépensé ne permettra pas de renforcer la présence humaine (police, animateurs...) dans la rue, l'effet réel pourrait même être négatif.
On sait aussi que les caméras n'ont pas d'effet dissuasif sur les vols et agressions et qu'au fil du temps, leur "intérêt" diminue.
Avec toutes ces données, accessibles à tous, comment se fait-il qu'à Vannes, les élus de la majorité soient tellement convaincus de la nécessité d'un dispositif de vidéo-surveillance.
L'argument du maire, il y en a aussi à Nantes ou Paris (sous entendu, dans des villes socialistes) prête à rire car Vannes n'est ni Nantes, ni Paris (du moins, pas encore).
D'ailleurs demandez à un francilien ce qu'il pense de ces caméras à Vannes, il va souvent trouver l'idée saugrenue car pour lui, Vannes est bien calme.
Si ces caméras prolifèrent, c'est avant tout parce que les opérateurs de vidéo-surveillance font du forcing auprès des villes (même les plus petites).
Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n'est en rien parce qu'elles sont efficaces qu'on les installent.
Quel gaspillage d'argent public au final.

lundi 17 mars 2008

Blues post électoral

Hier, c'était le 2e tour des élections municipales 2008.
Ce matin, je me réveille avec le blues, juste le goût de parodier la chanson "J'aime plus Paris" de Thomas Dutronc :

J'fais le plein des sens
J'pense aux vacances
Je fais la gueule
Et j'suis pas le seul
Le ciel est gris
Les gens aigris
Je suis pressé
Je suis stressé

J'aime plus Vannes
On court partout ça m'ennuie
J'vois trop peu de gens
Je me fous de leur vie
J'ai pas le temps
Je suis si bien dans mon lit (depuis lundi)

Prépare le bus
François Goulard
Tu vois bien
On veut s'barrer

Même sur le port
Vannes est mort
Il est 11 heures
Vannes s'endort

Je sens j'étouffe
Je manque de souffle
Je suis tout pâle
C'est tous des oufs

J'aime plus Vannes
Non mais on s'prend pour qui ?
J'veux voir personne
Couper mon téléphone
Vivre comme Joël
J'parle pas de l'abbé

J'aime plus Vannes
Passé le boulevard
De pauvres hères
N'ont pas l'bon goût
D'être millionnaires

Pour ces parias
La ville du golfe
C'est de l'autre coté
De l'autoroute

Y'a plus de gauchauds
Mais des notables
Vannes sous cloches
C'est pas fastoche

Il est fini
Le Vannes de Pavec
V'nez aujourd'hui
Voir çui de Goulard

(Ref)

J'irais bien voir la mer
Ecoutez Marion Le Berre
J'irais bien boire une bière
Faire le tour de la terre

(Ref)

Pourtant Vannes
C'est toute not 'vie
C'est la plus belle
J'en fais l'pari
II n'y a qu'elle
C'est bien l'ennui
J'aime plus Vannes...

dimanche 9 décembre 2007

Des milliards plein la vue

Depuis cet été, la communication gouvernementale vante la loi LRU en annonçant des milliards pour l'université.
Au 1 milliard en plus par an pendant 5 ans, se rajouterait 5 milliards provenant de la vente d'une partie du capital d'EDF (en fait, la vente des actions EDF n'a rapporté que 3,7 milliards).
Pas grand monde n'y comprend grand chose à cette pluie de milliards et encore moins savent quelles actions seront financées. Si on regarde de plus près, sur 1 milliard, on constate qu'il y a moins de 200 millions d'euros de crédits nouveaux.

La priorité serait déjà que l'état octroie la même dotation pour un étudiant d'université et un élève d'une formation supérieure sélective (classe prépa, grande école...). Soyons très modeste et faisons cela uniquement pour les étudiants de licence, ils sont 200 000. L'université reçoit actuellement 7 000€ par étudiant et une grande école 12 000€. Le calcule donne 200 000 x (12 000 - 7 000) soit 1 milliard.
Sachant que le milliard initial se réduit à peau de chagrin pour l'université et que le récent milliard en plus est consacré à une mise à niveau des bâtiments universitaires, on voit bien qu'on ne va pas vers l'équité des dotations entre universités et les autres formations sélectives.
Ce n'est pas des fonds privés qui arriveront au compte-gouttes et seulement dans les meilleurs établissements qui règleront le problème de sous-dotation de l'université.
Il faut certes réformer l'université, mais il faut d'abord mettre à niveau son financement... et ce n'est pas hélas, avec les milliards annoncés qu'on y parviendra.

lundi 26 novembre 2007

Non, ce n'est pas loi loi LRU qu'il fallait voter

L’actuelle ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécressse, défend la réforme dite LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) en rappelant sans cesse que l’état fait un effort inédit en apportant, pendant 5 ans, 1 milliard (même 1,8 milliard en 2008) au budget de l’enseignement supérieur. Le discours adressé à l’opinion est simple, regardez l’état offre des milliards et la réponse des étudiants est toujours la même, ils bloquent les universités.
Dans le même temps, le précédent ministre, François Goulard, critique sur son blog l’agitation étudiante, tout en reconnaissant que la loi LRU n'apporte « aucune esquisse de solution » aux réels problèmes de l'enseignement supérieur.
Je partage ce dernier avis, la loi LRU ne s’attaque pas aux réels problèmes de l’université et ne simplifie en rien le paysage fort complexe de l'enseignement supérieur (si seulement, nous classions les systèmes universitaires sur le critère de la complexité, nous serions champion du monde !).

Valérie Pécresse et François Goulard s’entendent pour dire que les critiques des étudiants et que la loi LRU n’organise pas le désengagement de l’état, la sélection ou l’augmentation des droits d’inscription. C’est vrai, mais peuvent-ils assurer que cette loi ne va pas engager l’université dans une voie qui la mènera effectivement vers un fort désengagement de l’état, une sélection en licence, une augmentation des droits d’inscription, une dé-fonctionnarisation des statuts des personnels et à un pilotage de l’université par des membres extérieurs.
Je pense que cette loi est de même nature que la première loi qui a transformé, à la fin des années 80, la direction générale des télécommunications (DGT) en l‘établissement publique France Télécom. Cette loi était anodine et indolore, mais elle a initié un mouvement qui a transformé un service public en établissement public puis en société anonyme (je ne discute pas ici du bien fondé de ce changement, dicté principalement par des décisions européennes).
Je pense que la loi LRU va, selon le même processus, mettre l’université sur des rails qui la conduira là où une majorité de personnels et d’usagers ne souhaite pas aller. Je comprends donc que cette loi puisse inquiéter et mobiliser les étudiants.

La ministre insiste toujours sur l’effort inédit qui se chiffre en milliard, mais ne donne jamais de détail des affectations. Elle ne compare jamais cet effort budgétaire à ceux consentis pas nos voisins ou à ceux jugés nécessaires par tous les rapports sur le financement de l’enseignement supérieur.
L'effort budgétaire inédit selon la ministre reste un effort très insuffisant.
La vérité est qu’une petite partie du milliard supplémentaire va vraiment à l’université et aux établissements d’enseignement supérieur.
Face à une communication trompeuse du ministère, les étudiants ont raison de réagir et de remettre les pendules à l’heure en faisant une analyse sérieuse de la situation.

Dès maintenant, la loi LRU transforme radicalement le pilotage de l’université. Elle abandonne le principe ancestral de collégialité qui organise les conseils comme les commissions de spécialistes et confère au président et au conseil d’administration des pouvoirs exorbitants sans réel contre-pouvoir interne.
Certains parlent déjà d’hyperprésidence universitaire.
Assurément, ce n’est pas cette orientation qui permettra de résoudre les problèmes réels de l’université.
Plutôt que de voter en catimini la loi LRU, il aurait été préférable de commencer par re-structurer et simplifier le paysage de l’enseignement supérieur.
Les mesures nécessaires ne sont pas dans la loi LRU.

Pour finir, voici des propositions de ce qu’il faudrait commencer par faire aujourd’hui :
- simplifier l’organisation de l’enseignement supérieur en rapprochant les différents acteurs : universités, grandes écoles, classes préparatoires… comme c’est le cas partout à l’étranger. Les meilleurs laboratoires sont essentiellement dans les universités, les meilleurs étudiants doivent y être aussi.
- orienter les bacheliers non généraux en priorité vers les formations technologiques et s'assurer que les filière courtes et sélectives ne servent pas de « classes préparatoires » aux autres formations de l’université,
- alléger le service d’enseignement de tous les enseignants-chercheurs afin qu’ils puissent assurer l’ensemble de leurs missions. Très concrètement, pour qu’ils soient tous actifs en recherche (la recherche ne doit pas être optionnelle pour un enseignant-chercheur), pour qu’ils participent tous au fonctionnement de leur établissement (ce n’est pas une minorité déconnectée du reste des collègues, voire un « hyper-président », qui réussira à piloter les établissements d’enseignement supérieur) et enfin (last but not least) pour qu’ils puissent tutorer, encourager, informer et orienter les étudiants,
- arrêter d’être fasciné par le classement de Shanghaï et de justifier les réformes par rapport à ce classement sans réelle valeur,
- doter budgétairement les établissements en rapport avec leur faculté « d’ascension éducative et sociale » en commençant par donner autant pour un étudiant de licence que pour un élève de grande école (on ne peut qu’être choqué quand on sait qu’un élève de l’ENA coute 50 000€ par an et moins de 7 000€ un étudiant d’université).